samedi 24 septembre 2016

Les Océans Stellaires - Loïc Henry

Les Océans Stellaires - Loïc Henry

Sortie : 3 octobre 2016 

Encouragée par ses premiers succès, Luu Ly cherche une nouvelle planète à explorer. Son objectif ? Trouver des Seuils, ces passages interplanétaires cachés au fond des mers, et les vendre à prix d’or à la Fédération ou à ses adversaires, la Ligue et l’Empire. Pourtant, elle est loin d’imaginer les conséquences de sa prochaine exploration !
Psycho-éthologue de la Fédération, Stella est en état d’alerte : une jeune explo vient de faire une découverte majeure. Les bases de l’exploration spatiale pourraient en être bouleversées. 
Dans la partie qui s’engage, et dont l’enjeu n’est rien moins que l’avenir de l’humanité, un dirigeant de la Fédération dévoré d’ambition, un généticien avide de vengeance, un couple d’explorateurs mystérieux et deux petits prodiges aux ressources surprenantes vont jouer leur propre partition. 
Et si certains d’entre eux partageaient sans le savoir un secret ancien ?

Note : 3,5 / 5


Un livre de science-fiction dont l'action ne se passe pas dans l'espace mais sous les océans, c'est étonnant et c'est ce que nous offre Loïc Henry dans cette nouvelle parution des éditions Scrineo.

Tous les canons de la science-fiction sont pourtant présents : du nom des gouvernements à l'exploration de nouvelles planètes grâce aux Seuils découverts par nos personnages, le lecteur est dans un univers qu'il reconnait. Mais les idées de l'auteur sont vraiment intéressantes et permettent de voir la science-fiction sous un œil un peu différent. Loïc Henry aborde aussi des thèmes durs et tabous comme la génétique et nous permet de réfléchir sur le genre humain. Je me suis sentie très proche de ses idées et j'aurais d'ailleurs aimé qu'il aille un peu plus loin.

Et c'est selon moi tout le livre qui est survolé. Les chapitres sont courts, les ellipses nombreuses et le lecteur s'y perd un peu. Certaines scènes sont floues et je n'ai pas vraiment réussi à les comprendre. L'auteur ne nous fait pas vraiment découvrir les nouvelles planètes, mais s'attarde sur la façon dont les humains prennent le pouvoir sur celles-ci. C'est un choix stylistique qui, au fond, reflète les idées de l'auteur sur les humains (à savoir qu'ils portent en eux le gène de la destruction, de la violence) mais c'est un style qui m'a vraiment empêché de m'attacher aux personnages et qui a frustré ma lecture.

L'histoire est pourtant intéressante. J'ai adoré découvrir les techniques d'explorations pour déceler ces étonnants Seuils qui permettent d'aller d'une planète à une autre. J'ai aimé suivre la mystérieuse Luu Ly dans ses recherches, et découvrir son histoire. Il y a quelques scènes d'amour extrêmement bien écrites. Le livre, avec ses voyages sous-marins, les dons étonnants de Lontxo et Anneke, possède une ambiance vraiment mystique, unique. Dommage que le récit soit si survolé et en retrait.

Les Océans Stellaires est ainsi un livre surprenant qui fait réfléchir le lecteur. Entre explorations, amour, combats sous-marins et révélations, c'est un livre vraiment prenant, intéressant, mais qui manque de descriptions et laisse le lecteur sur un sentiment d'inachevé.

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mercredi 21 septembre 2016

Chroniques du Bout du Monde, tome 1 : Par-delà les Grands Bois

Chroniques du Bout du Monde, tome 1 : Par-delà les Grands Bois - Paul Stewart, Chris Riddell

Lieu de ténèbres et de mystère, les Grands Bois offrent un asile rude et périlleux à ceux qui les habitent. Et ils sont nombreux : trolls des bois, égorgeurs, gobelins de brassin, troglos... C'est là que vit Spic, du clan des trolls des bois. Il est troll et pourtant... Trop grand, trop maigre, il est différent. Tellement différent qu'il doit fuir, par-delà les Grand Bois. Mais surtout, surtout, sans jamais sortir du sentier. Jamais...

Note : 3,5 / 5


Quand nous étions petits, moi je lisais les Harry Potter, et mon chéri lisait Les Chroniques du Bout du Monde. Il a récemment retrouvé ses vieux exemplaires de cette série alors j'ai forcément eu envie de découvrir à quoi ressemblaient ses premières lectures.

J'ai très vite compris pourquoi ce livre lui avait plu : les auteurs font preuve d'une imagination débordante, c'est un monde unique et parfois un peu glauque que découvre le lecteur. Et si l'on suit Spic dans sa traversée des Grands Bois, c'est bel et bien ce monde inédit, ses habitants et ses dangers, qui sont au centre de l'histoire. En effet, Spic ne sert que de prétexte pour découvrir les Grands Bois. L'histoire du héros n'avance pas beaucoup car il ne cesse de rencontrer de nouvelles créatures qui vont le mettre dans des situations toujours plus délicates.

Et j'ai moi aussi adoré la richesse de ce monde. C'est un vrai bestiaire que nous offrent Paul Stewart et Chris Riddell, j'ai vraiment apprécié découvrir ces créatures toutes plus originales les unes que les autres. Car si les auteurs se sont parfois inspirés de figures connues de la fantasy comme les gobelins, les harpies ou encore les trolls, leurs cultures sont vraiment très différentes de ce que la littérature de l'imaginaire a l'habitude de nous proposer.


Les illustrations de Chris Riddell aident beaucoup à l'immersion. Les créatures sont en effet vraiment étranges et parfois difficiles a appréhender. J'avais déjà beaucoup aimé ses illustrations pour Coraline de Neil Gaiman et j'ai adoré retrouver sa précision et son sens du détail.

L'histoire de Spic en comparaison est en effet assez pauvre et parfois prévisible, mais il faut lire ce livre pour son univers et son ambiance. Le lecteur se sent oppressé à mesure que notre héros s'enfonce dans les Grands Bois. On se demande sans cesse sur quelle créature il va bien pouvoir tomber et quel nouveau piège va lui être tendu. On pense de nombreuses fois que tout est perdu pour Spic, mais il arrive toujours à s'en sortir !

Les Chroniques du Bout du Monde est une série qui saura captiver les enfants, ce premier tome est bourré de scènes fortes, de créatures inoubliables et de suspense. L'aventure ne fait que commencer pour Spic, et pourtant il a déjà traversé de nombreuses épreuves. Attention aux pirates pour la suite !


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samedi 17 septembre 2016

Le Signe des Quatre - Arthur Conan Doyle

Le Signe des Quatre - Arthur Conan Doyle

Chaque année, la jeune Mary Morstan, dont le père, officier dans l'armée des Indes, a disparu voilà longtemps, reçoit par la poste le présent d'une perle. Le jour où une lettre lui fixe un mystérieux rendez-vous, elle demande au célèbre Sherlock Holmes de l'y accompagner... Cependant que le bon Dr Watson est conquis par le charme de la jeune fille, nous nous enfonçons dans une des plus ténébreuses énigmes qui se soient offertes à la sagacité du détective. L'Inde des maharajahs, le fort d'Agra cerné par la rébellion des Cipayes, le bagne des îles Andaman sont les décors de l'extraordinaire aventure qu'il va reconstituer, et qui trouvera sa conclusion dans les brouillards de la Tamise...

Note : 4 / 5


La deuxième enquête de Sherlock Holmes écrite par Arthur Conan Doyle nous fait à nouveau voyager. Alors que pour sa première apparition, notre détective devait remonter dans l'histoire des Etats Unis, ici c'est une partie assez sombre de l'histoire de l'Inde que l'enquête va nous faire découvrir.

Le Signe des Quatre est vraiment très similaire à Une Etude en Rouge car le déroulement est presque le même. Au début, on entre une nouvelle fois dans l'intimité de nos deux compagnons et on apprend le penchant assez morbide de Sherlock pour la drogue. Le personnage que l'on connaît si bien se forme petit à petit et c'est vraiment intéressant de le découvrir.

Une énigme est ensuite très vite proposée à Holmes et Watson, mais en accompagnant Mary Morstan ils ne se doutaient pas de l’ampleur qu'allait prendre leur enquête. J'ai particulièrement aimé l'ambiance de ce deuxième livre, très sombre et gothique. L'enquête se passe presque intégralement la nuit, dans le fameux fog de Londres. Arthur Conan Doyle nous offre plein de rebondissements, les situations sont de plus en plus inattendues et l'enquête finit par une course poursuite assez étonnante pour un livre qui se veut avant tout réfléchi.

Enfin, comme dans Une Etude en Rouge, l'histoire se termine par le récit du coupable qui nous permet de nous plonger dans l'Inde des maharajas. J'aime beaucoup ce procédé car il nous permet vraiment de voyager et de bien rentrer dans la tête du criminel.

Je crois avoir préféré cette deuxième histoire à la première, tout simplement car j'ai retrouvé l'ambiance que j'avais tellement aimé lors de la lecture de mon tout premier Sherlock Holmes avec Le Chien des Baskerville. C'est à nouveau une enquête bien menée, une méthode de narration toujours aussi intéressante et des personnages que l'on adore redécouvrir !

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mercredi 14 septembre 2016

Je suis Adèle Wolfe - Ryan Graudin

Je suis Adèle Wolfe - Ryan Graudin

1956. Le IIIe Reich et l'Empire du Japon gouvernent le monde. 

Afin de commémorer la victoire des forces de l'Axe sur le Royaume-Uni et la Russie, Hitler et l'empereur Hirohito organisent chaque année une grande course de moto entre leurs deux continents. Le gagnant remporte une entrevue privée avec le Führer lors du bal de la Victoire. 

Yael, une survivante des camps, n'a qu'un but dans la vie : gagner cette course et tuer Hitler. Pour parvenir à ses fins, elle décide de se faire passer pour la gagnante de l'année précédente, Adèle Wolfe. L'affaire se corse lorsque le frère et l'ancien petit-ami de cette dernière décident eux aussi de participer à la course...

Note : 3,5 / 5


Et si Hitler n'avait pas été battu par les Alliés et avait pu continuer à étendre ses horribles idées sur le monde ? C'est dans cet univers que Yael, notre héroïne, a grandi. Un univers qu'elle va tenter de changer en tuant Hitler. Pour cela, elle est prête à tout, même à se lancer dans la dangereuse course de moto organisée chaque année par le IIIe Reich et l'Empire du Japon.

Cette probabilité est absolument terrifiante, mais c'est avec réalisme que l'auteure développe son uchronie. A travers le passé de Yael, le lecteur se souvient des atrocités qui ont bel et bien eu lieu : les camps d'extermination, le travail forcé et la discrimination. Dans ce monde que nous offre Ryan Graudin, toutes ces horreurs atteignent un nouveau degré de monstruosité. Des expériences ont été menées sur la petite Yael, des expériences visant à la transformer en parfaite aryenne, mais le résultat n'est pas vraiment ce qu'ils attendaient.

La Résistance est cependant de plus en plus organisée et déterminée à changer les choses. Pour cela ils comptent sur Yael qu'ils ont recueillis et qu'ils destinent à un grand rôle. Le lecteur va suivre ce plan de la dernière chance, cette course que doit gagner Yael. Une course stressante aux nombreux rebondissements, la lutte est serrée.

J'ai trouvé ce livre passionnant, même si j'aurais aimé découvrir un peu plus ce monde sous le joug du nazisme. Le côté fantastique des métamorphoses d'Adèle est franchement bien amené et donne une touche d'originalité à l'histoire qui se base peut-être un peu trop sur ce que l'on connaît déjà.

Les personnages sont vraiment intéressants. A force de se métamorphoser, Yael perd son identité. Elle est sans cesse à la recherche d'elle même, toujours en train de se souvenir du passé pour ne pas le perdre. Les différents personnages qu'elle côtoie au sein de la résistance nous montrent que même en voulant faire le bien, on peut très vite basculer du mauvais côté. Enfin, ses concurrents lors de la course lui feront découvrir des aspects d'elle même qu'elle ne connaissait pas. Yael est quelqu'un de très faible, et j'ai trouvé que cela clochait un peu avec la mission qu'elle devait mener à bien.

Je suis Adèle Wolfe est un roman qui nous fait nous souvenir tout en nous divertissant. C'est une vision absolument terrifiante de ce qui aurait pu se passer, mais une vision vraiment intéressante. L'histoire est très bien menée, alternant les moments stressants de la course à des aspects purement historiques tout en développant des personnages auxquels on s'attache. Contre toute attente, la fin de la course et de ce livre n'est cependant pas la fin de l'histoire et la suite s'annonce tout aussi haletante. Merci à NetGalley et aux Editions Le Masque pour la découverte de ce livre.

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samedi 10 septembre 2016

La nuit n'est jamais complète - Niko Tackian

La nuit n'est jamais complète - Niko Tackian

La route à perte de vue au milieu d'un désert de rocaille. Arielle et Jimmy parcourent le bitume au volant de leur vieille Ford. Mais quand le père et la fille tombent sur un barrage de police et sont obligés de passer la nuit sur place tout dérape... Ils se réveillent abandonnés, naufragés de l'asphalte, avec trois autres rescapés. A quelques kilomètres de là, deux immenses tours métalliques se dressent, cadavres rongés par la rouille et le temps. Quelques maisons en tôles froissé se serrent pour se protéger du vent. Cette ancienne mine sera leur refuge. Ou leur pire cauchemar... Mais ce voyage au coeur des ténèbres est-il vraiment un hasard ?

Note : 3 / 5


Un désert, un paysage de mort entre l'Argentine et le Chili, que nos personnages doivent traverser pour une raison inconnue du lecteur. Mais cette route va devenir un enfer, car quelqu'un cherche à ce qu'ils ne puissent plus jamais sortir de ce désert. Ou du moins, pas avant d'avoir compris pourquoi ils étaient là.

Niko Tackian nous plonge très vite dans une ambiance oppressante où la mort peut frapper à tout instant. Le lecteur n'a pas le temps de connaître les personnages, l'action est très rapide et le suspens est présent à chaque fin de chapitre. Tout comme les personnages, on ne comprend pas ce qu'il se passe, le récit a des allures de cauchemar devant le rocambolesque de l'enchaînement de certaines scènes. La petite voix à l'intérieur de la tête du personnage principal, Jimmy, accentue le malaise que peut ressentir le lecteur.

Et puis on finit par se demander où veut donc bien nous mener l'auteur. Je ne comprenais pas pourquoi il laissait tant de flou autour de l'histoire des personnages et j'ai fini par trouver le récit long. Quand on tente de survivre avec des inconnus, on essaye un peu de les connaître, non ? Le personnage principal lui même ne semblait pas se connaître. Le rythme finit par être monotone, ponctué toujours des mêmes effets pour créer du suspense.

Et arrive la fin qui retourne complètement l'histoire. Une fin qui, si elle n'est pas très originale et un peu facile, marche très bien. Le lecteur finit par tout comprendre, par se souvenir de certains détails et les relier à la conclusion.

Au final, La nuit n'est jamais complète est un livre qui nous parle de thèmes difficiles autour de la mort et comment l'accepter, mais aussi autour de la maladie, la famille, la culpabilité. C'est un livre qui se lit vite, un récit efficace dont la conclusion saura vous étonner. Dommage que cette fin surprenante soit précédée d'un récit qui m'a paru un peu long.

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mercredi 7 septembre 2016

Génération K, tome 1 - Marine Carteron

Génération K : tome 1 - Marine Carteron

Sortie : 14 septembre 2016


Kassandre, Georges et Mina. 
Trois jeunes que tout oppose mais aux destins liés. Séparés par leur naissance et leur milieu social, ils ont en commun un ADN unique à l'origine de leurs pouvoirs. 
Un ADN qui attise bien des convoitises et va les obliger à fuir pour sauver leur vie. 
Ka l'aristocrate, Mina la fille de domestique et Georges le fils de personne ne le savent pas encore mais ils ne sont pas seuls. Ils sont la Génération K.

Note : 3,5 / 5


En tombant sur ce livre a la couverture très graphique et qui m'a tout de suite attirée, j'ai été étonnée de voir qu'il avait été édité par les éditions du Rouergue. En effet, comme je l'avais souligné dans ma critique de Comment (bien) rater ses vacances, les publications de cette maison d'édition ne m'ont jamais attirées justement à cause de leurs couvertures. Mais ce livre, avec sa couverture et son résumé plutôt énigmatique mais promettant une recherche d'identité teintée de science-fiction, a titillé ma curiosité.

Ce premier tome de Génération K est cependant clairement introductif. Chaque chapitre nous permet de suivre un protagoniste différent, mais ce n'est que vers la fin que l'on commence à comprendre où veut nous mener l'auteure. On suit ainsi Kassandre, une aristocrate rebelle ; Georges, un dealer qui va étrangement être libéré de prison ; et Mina, l'amie d'enfance de Kassandre, fille de sa nourrice. Ils vont chacun être rattrapé par leurs origines dont ils ne connaissent rien, ils vont chacun apprendre que leur existence était un mensonge et qu'ils ne sont pas les seuls à posséder des pouvoirs.

Le lecteur, en plus d'être autant dans le flou que les personnages, suit ceux-ci alors qu'ils évoluent dans des endroits différents. Ainsi, à force de devoir jongler d'un personnage a l'autre, j'ai trouvé que l'intrigue avait du mal à décoller et que ça cassait le rythme.

L'histoire en soit arrive pourtant à sortir du lot. Les histoires autour de jeunes possédant des pouvoirs sont assez courantes, mais Marine Carteron arrive à poser une ambiance vraiment particulière à son intrigue. Kassandre, Georges et Mina possèdent des pouvoirs considérables mais ont parfois du mal à les maîtriser. Ils sont poursuivis par des êtres à la puissance terrifiante qui leur font voir des scènes effroyables. Ils ne savent pas qui faire confiance et comprennent qu'ils ne peuvent au final compter que sur eux même. Ce livre est très violent, certaines scènes ont des images puissantes et les personnages évoluent dans des endroits vraiment horribles. Pour finir, l'intrigue est très axée vers la religion et toute la folie vers laquelle elle peut conduire. L'éditeur propose ce livre à partir de 12 ans mais je le conseillerais de ce fait pas avant 15 ans.

L'histoire ne se dévoile ainsi pas beaucoup dans ce premier tome, mais le lecteur a le temps d'en comprendre les enjeux et d'être vraiment intrigué car elle semble très complexe. L'auteure se concentre avant tout sur les personnages et sur l'ambiance qu'elle arrive vraiment à rendre oppressante. Les personnages sont de vrais anti-héros, ils ont tous traversés des choses horribles, rendant le lecteur incapable de ne rien ressentir pour eux. Si ce premier tome ne m'a pas complètement emballé, je suis cependant curieuse de voir où vont mener toutes les révélations qui ont été faites aux personnages.


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mercredi 31 août 2016

Firmin : autobiographie d'un grignoteur de livres - Sam Savage

Firmin : autobiographie d'un grignoteur de livres - Sam Savage

Firmin raconte l'histoire d'un rongeur érudit qui a vu le jour dans les sous-sols d'une librairie de Scollay Square, vieux quartier en péril du Boston des années 1960. Plein d'appétit pour les mots, épris de nourritures spirituelles autant que terrestres, Firmin ne peut communiquer tous ses coups de cœur ni exprimer ses détresses, et voit avec révolte se déliter sa race comme son quartier, cernés par l'incompréhension des hommes et par les mécanismes du profit. Mais la rencontre avec un romancier marginal le sauve du pessimisme ambiant.

Note : 3,5 / 5


Firmin est un petit rat qui ne trouve pas vraiment sa place parmi ses congénères, et pour cause : il lit des livres depuis son plus jeune âge et est de ce fait devenu très intelligent. Il nous raconte son histoire, sa vision du monde et de la littérature, dans ce petit livre qui se lit d'une traite et nous laisse songeur.

C'est une histoire plutôt triste que l'on est amené à suivre car même s'il est différent, Firmin vit une vie de rat, et celle ci n'est pas de tout repos. Il faut sans cesse se cacher et chercher de la nourriture. La mort est partout. J'ai apprécié pouvoir découvrir la vie à la hauteur de cette petite bête car Firmin nous fait prendre conscience d'un tas de choses et nous fait réfléchir.

Réfléchir, c'est ce que fais Firmin la plupart du temps. En effet, en plus de suivre son histoire, on suit aussi ses pensées et ses réflexions autour de la condition humaine, de la littérature ou tout simplement de la vie. J'ai mis un moment avant de vraiment apprécier son cheminement de pensées, je trouvais que Firmin s'éparpillait un peu et je ne comprenais pas vraiment où il voulait en venir. Pourtant, à mesure que l'on apprend à connaître Firmin, ses pensées nous intéressent de plus en plus.

Car oui, Firmin est un petit rat extrêmement attachant. Il n'est pas comme les autres et se retrouve de ce fait très seul. Il ne peut pas se faire comprendre des humains (car non, ce livre a beau être original, les rats n'y parlent pas) alors qu'ils sont les seuls susceptibles de le comprendre. Sa vie est courte et semée d'embuches. Ce livre est vraiment frustrant car on espère jusqu'au bout que Firmin finira par trouver sa place, par être heureux, mais tout s'écroule toujours autour de lui.

J'ai aimé ce livre car j'ai eu l'impression d'apprendre énormément de choses. Il nous fait prendre conscience de ce qui nous entoure et est bourré de références littéraires. La fin m'a malheureusement laissé un goût amer, j'ai été frustrée d'avoir suivi cette petite vie sans avoir pu assister à quelque chose de positif et j'aurais tellement aimé pouvoir l'aider. C'est un livre qui m'a rendu triste et nostalgique mais qui fait beaucoup réfléchir.

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