mercredi 15 novembre 2017

Miro Hetzel - Jack Vance

Miro Hetzel - Jack Vance

Miro Hetzel est un effectueur galactique, à savoir un enquêteur privé roublard doté d’un sens tout personnel de la légalité. Il est aussi le plus parfait des gentlemen, l’élégance personnifiée, l’idéale incarnation d’un tempérament aussi éclatant que maîtrisé. À vrai dire, de tous les effectueurs que compte l’Étendue Gaéane, Miro Hetzel est assurément le meilleur. D’où ses tarifs exorbitants — une notion toute relative, ne manquerait-il sans doute pas de remarquer. Et le caractère pour le moins retors des missions qui lui sont confiées. Missions qui le conduisent bientôt sur Maz, planète où humains, liss et olefract se partagent le pouvoir pendant que le peuple gomaz, natif des lieux, s’entretue à coups de guerres rituelles séculaires. Puis sur Thesse, en quête d’une ancienne connaissance à l’envergure inattendue…

Note : 3,5 / 5


Je n'avais encore jamais lu de livre de Jack Vance, une figure pourtant très connue de la science-fiction notamment grâce à son Cycle de Tschaï ; c'est maintenant chose faite avec ce livre rassemblant deux courts romans sur le personnage de Miro Hetzel, un effectueur, sorte de détective privé qui m'a d'ailleurs fortement fait penser au très célèbre Sherlock Holmes.

Le premier roman, L'agence de voyage de Terrier, m'a particulièrement plu. Notre effectueur est chargé d'enquêter sur Istagam, une firme dont les prix sont étonnement bas et dérangent forcément la concurrence. Mais derrière cette mission d'espionnage industriel se cachent des enjeux politiques importants. Sur Maz, la planète où va le mener son enquête, vivent les Gomaz, un peuple très primitif qui a cependant déjà failli exterminer la galaxie. Ils sont maintenant rigoureusement surveillés et il est formellement interdit de leur vendre des armes. Et, bien entendu, ce n'est pas pour rien qu'Istagam a décidé de s'installer sur cette planète... J'ai adoré ce premier roman justement à cause de ce peuple que l'on découvre, la suite des événements menant Miro Hetzel au cœur des habitudes et de la culture meurtrières des Gomaz. Et puis, dans L'agence de voyager de Terrier, tout finit par se rejoindre. Chaque personnage a son importance, chaque détail évoqué par le narrateur ne l'est pas par hasard et j'ai trouvé ça franchement jouissif !

Le deuxième récit, Le tour de Freitzke, m'a semblé du coup beaucoup moins intéressant. Certes, on en découvre un peu plus sur le personnage de Miro Hetzel, mais pour moi qui ne suis pas très polar, il n'y avait pas assez d'éléments de science-fiction pour rendre l'enquête intéressante. Mais la fin reste une nouvelle fois étonnante et l'histoire est vraiment complexe pour un récit aussi court.

A travers ces deux histoires j'ai enfin pu découvrir la plume de Jack Vance, plume que j'ai tout simplement adoré ! Ce narrateur interne qui, comme évoqué plus haut, nous donne de nombreux détails, éléments bien entendu observés par Miro Hetzel, et nous montrent de ce fait toute l'étendue de l'intelligence du personnage. Et c'est en cela que Hetzel m'a beaucoup fait penser à Sherlock Holmes : l'importance des détails, et l'exposé final du dénouement de l'affaire. Comme dans un Sherlock Holmes, tous les éléments sont donnés au lecteur, mais celui ci, sans l'explication du personnage principal, n'arrive que difficilement a faire le lien entre eux.

Très bonne découverte de cet auteur avec ce petit recueil lu d'une traite. Des romans qui me feraient presque aimer le polar et qui m'ont ouvert à un monde fascinant, à l'imagination de Jack Vance que j'ai très envie de découvrir plus en profondeur. Enfin, merci à Babelio et aux éditions Le Bélial' pour l'envoi de ce livre.

jeudi 2 novembre 2017

La Sélection, tome 1 - Kiera Cass

La Selection, tome 1 - Kiera Cass

35 candidates. 1 couronne. La compétition de leur vie.& ninbsp;
Dans un futur proche, les États-Unis et leur dette colossale ont été rachetés par la Chine. Des ruines est née Illeá, une petite monarchie repliée sur elle-même et régie par un système de castes. Face à la misère, des rebelles menacent la famille royale. Un jeu de télé-réalité pourrait bien changer la donne... 
Pour trente-cinq jeunes filles du royaume d'Illeá, la « Sélection » s'annonce comme l'opportunité de leur vie. L'unique chance pour elles de troquer un destin misérable contre une vie de paillettes. L'unique occasion d'habiter dans un palais et de conquérir le cœur du jeune Prince Maxon, l'héritier du trône. Mais pour America Singer, qui a été inscrite d'office à ce jeu par sa mère, être sélectionnée relève plutôt du cauchemar. Cela signifie renoncer à son amour interdit avec Aspen, un soldat de la caste inférieure ; quitter sa famille et entrer dans une compétition sans merci pour une couronne qu'elle ne désire pas ; et vivre dans un palais, cible de constantes attaques de rebelles... 
Puis America rencontre enfin le Prince. En chair et en os. Et tous les plans qu'elle avait échafaudés s'en trouvent bouleversés : l'existence dont elle rêvait avec Aspen supportera-t-elle la comparaison face à cet avenir qu'elle n'aurait jamais osé imaginer ?

Note : 2 / 5


On ne présente plus ce livre que je suis une nouvelle fois la dernière à découvrir. Je n'osais pas me lancer car j'étais certaine de ne pas apprécier, et j'aurais en effet du m'abstenir.

Le début avait pourtant presque réussi à me convaincre du contraire. On découvre une société dystopique divisée en huit castes, ce qui est somme toute plutôt classique, mais découvrir le quotidien d'America (une Cinq) m'a passionné. Il y a beaucoup d'émotion dans cette première partie et une certaine tension. Beaucoup de choses vont dépendre du choix d'America et j'ai vraiment trouvé ce début prenant et bien construit.

Mais dès que la Sélection commence, qu'America entre dans la compétition, qu'est-ce que le récit devient fade ! Les chapitres s'enchaînent de façon prévisible, l'histoire devient niaise et clichée. Et quand ça n'est pas le cas, les situations sont tellement absurdes et exagérées qu'elles me faisaient soupirer.

L'auteur ne s'intéresse pas assez aux autres personnages qui sont quelconques et sans profondeur à côté d'America. D'ailleurs, on en parle de son prénom ? Et elle n'est pas la seule à avoir un prénom ridicule. Il y a tellement de choses qui sont des flops complets que je n'ai pas le courage d'en faire une liste.

En bref, tout est sans saveur et beaucoup trop facile dans ce livre. C'est un premier tome que l'on lit passivement et que je vais très vite oublier. Je ne compte pas lire la suite.

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mercredi 25 octobre 2017

A la croisée des mondes, tome 2 : La tour des anges - Philip Pullman

A la croisée des mondes, tome 2 : La tour des anges - Philip Pullman

Ayant franchi le pont entre les mondes édifié par Lord Asriel, son père, l'intrépide Lyra se retrouve dans la cité de Cittàgazze, la ville au-delà de l'aurore, où des spectres mangeurs d'âmes rôdent dans les rues, où les lointains battements d'ailes des anges résonnent au-dessus d'une mystérieuse tour. Mais Lyra n'est pas sans allié. Car le jeune Will Parry, à la recherche de son père disparu depuis de longues années, a également pénétré dans cet étrange royaume par une porte magique. Ensemble, Lyra et Will vont entamer un périlleux voyage à travers les dimensions, et découvrir un secret mortel: un objet d'une puissance extraordinaire et dévastatrice. Mais à chaque étape de leur périple, ils se rapprocheront d'un danger plus funeste encore - et de l'incroyable vérité sur leur propre destinée...

Note : 3 / 5


Un deuxième tome qui m'a moins emballé que le premier et qui soulève toujours plus de questions.

Un nouveau héros, Will, rejoint Lyra alors que celle-ci découvre les nouveaux mondes accessibles par le passage ouvert par Lord Asriel. Ils sont tous les deux à la recherche de leur père et vont être aidés par les sorcières et un étrange couteau très puissant. Fort des magnifiques descriptions qui rythment le récit, ce deuxième tome arrive une nouvelle fois à nous plonger dans les univers très différents que découvre Lyra. Cette fois il n'est plus question de neige et de froid, mais de terres arides et abandonnées.

Les thèmes abordés dans ce deuxième tome sont toujours aussi passionnants, même si les questionnements se concentrent un peu trop sur la religion selon moi et deviennent particulièrement abstraits. Les daemons sont moins présents ; ou plutôt se manifestent d'une façon différente, car les habitants des nouveaux mondes n'en possèdent pas de visible comme Pan. On pourrait cependant penser le contraire en voyant le comportement du chat de Will, un passage qui m'a particulièrement fait réfléchir et m'a rappelé ce que j'avais aimé dans le premier tome.

En parlant de Will, il est la raison pour laquelle j'ai beaucoup moins apprécié ce deuxième tome. C'est un garçon autoritaire qui efface complètement Lyra ! Notre fougueuse Lyra ne l'est plus du tout et se laisse complètement faire par Will. J'ai trouvé ce côté patriarcal choquant et limite sexiste. A voir si la suite nous prodigue une raison à ce revirement révoltant.

En général, j'ai trouvé ce deuxième tome moins marquant que le premier. Certains passages tirent en longueur et sont sans intérêt. L'auteur nous perd un peu dans ses explications. Et pourtant, on en veut les réponses ! Il va falloir très vite lire la suite !

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mercredi 18 octobre 2017

Shikanoko, tome 1 : L'enfant du cerf - Lian Hearn


Shikanoko, tome 1 : L'enfant du cerf - Lian Hearn

Laissé pour mort dans la montagne, le jeune Shikanoko trouve refuge chez un sorcier qui lui fabrique un masque aux immenses pouvoirs magiques. Il devient «l'Enfant du Cerf». Il parlera aux fantômes et aux esprits protecteurs, il apprendra des hommes et des femmes les plus puissants, il connaîtra le raffinement, l'amour et les sentiments les plus purs, mais aussi la bestialité, la cruauté et les machinations politiques...

Note : 3,5 / 5


Je me souviens avoir lu Le Clan des Otori il y a très longtemps, et avoir beaucoup aimé. J'ai donc tout naturellement été attirée par la nouvelle série de Lian Hearn (et ses magnifiques couvertures !) qui m'a une nouvelle fois fait voyager au Japon, ce pays que j'aime tant.

L'univers qu'a créé l'auteure est vraiment fascinant. Totalement imaginaire, il a pourtant tout d'un Japon féodal et on se passionne à découvrir sa culture et ses coutumes. Empereurs, seigneurs et guerriers, le système hiérarchique est très proche de la réalité et va entraîner guerres et alliances que le lecteur va pouvoir suivre intensément. Deux clans vont se disputer le trône, ruser et comploter. Leurs ambitions vont entraîner tout un pays dans la guerre et détruire de nombreuses familles. Ce premier tome va nous permettre de suivre de nombreux personnages, tous liés qu'ils le veuillent ou non à cette terrible guerre.

L'ésotérisme a aussi une grande place dans son récit, les yokais, esprits et autres créatures tirées du folklore japonais ne sont pas que des légendes et évoluent aux côtés des personnages. Lian Hearn connait vraiment bien son sujet et j'ai vraiment retrouvé tout ce qui fait le Japon, ses hommes et sa culture.

Toutefois, ce fut une lecture en demi-teinte. J'ai beau avoir été fascinée par l'épopée et l'univers que nous offre l'auteure, je n'ai pas du tout été conquise par la façon dont elle nous livre l'histoire. Chaque chapitre porte comme titre le nom du personnage sur lequel le passage va ce concentrer. Et Shikanoko n'est que peu présent ! C'est même le personnage dont je me suis le moins attachée, tant il est passif et effacé. En général, c'est toute l'histoire qui m'a semblé froide et en retrait. Le style de Lian Hearn est beaucoup trop descriptif et impersonnel. Je n'ai pas réussi à me projeter pleinement dans l'histoire et je n'ai rien ressenti pour les personnages. Les nombreuses ellipses n'ont pas aidé non plus. Je ne me souviens pourtant pas avoir été gênée par le style dans Le Clan des Otori, mais dans cette série ça ne va vraiment pas.

Il est pourtant fascinant de voir l’évolution de la rivalité des deux clans, tous les petits incidents, complots et ruses qui vont mener à la guerre. L'histoire est vraiment dense et ce n'est qu'à la fin de ce premier tome que l'on s'en rend compte. Malgré le style qui ne m'a pas convaincu, je pense lire la suite avec plaisir !

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mercredi 11 octobre 2017

The Rain, tome 1 - Virginia Bergin

The Rain, tome 1 - Virginia Bergin

Une pluie mortelle s’abat sur la Terre : l’humanité est menacée de disparition. Ruby, 15 ans, part à la recherche de son père. 

Je m’appelle Ruby Morris, et voici mon histoire. Si vous la lisez, vous avez énormément de chance d’être encore en vie. 
Question : quand faut-il abandonner tout espoir ? 
a) Maintenant. Immédiatement. On est foutus. 
b) Dans deux semaines, environ. 
c) Jamais. 
d) J’imagine qu’il pourrait y avoir un d), mais s’il existe, je ne l’ai pas encore trouvé…

Note : 3,5 / 5


Merci à Booknode et à Bayard pour la découverte de ce livre qui fut une véritable bonne surprise ! Je l'ai lu d'une traite tant il m'a passionné. Je me suis vraiment sentie impliquée dans la course à la survie de notre héroïne Ruby et je ne pouvais plus lâcher le livre !

Ce n'était pourtant pas gagné au début. L'auteure nous lâche en plein milieu d'une soirée d'ados prépubères et j'avais très très peur que le côté jeunesse (à comprendre : les histoires d'amour, de popularité, d'amis et j'en passe) ne prenne le dessus. Heureusement la catastrophe arrive vite et l'auteure décide d'orienter son récit vers des chemins plutôt étonnants !

Certes, Ruby est tout de même parfois agaçante et un peu trop portée sur le maquillage, mais ces préoccupations ne sont clairement pas au centre du récit. Elles apportent seulement une touche d'humour bienvenue au milieu de l'angoisse de la survie, et on finit par vraiment s'attacher à Ruby qui va voir plusieurs personnes de son entourage proche mourir (et c'est important de le souligner car tellement surprenant alors que c'est complètement réel ! Je commence à en avoir marre des happy end dans les livres jeunesse)

Et c'est ce réalisme qui a su me captiver. L'auteure n'a vraiment pas de pitié pour ses personnages et certaines scènes vont longtemps me rester dans la tête. La catastrophe qui survient dans ce livre est pourtant simple : l'eau est devenue mortelle. D'abord la pluie, puis, à mesure que celle-ci se déverse, l'eau du robinet qu'elle a contaminé. Pourtant, l'eau est essentiel à la survie, Ruby va donc devoir piller, ruser et réfléchir pour trouver de l'eau qui n'a pas été souillée. Et, surtout, toujours observer le ciel.

Ce livre, comme beaucoup de récits post-apocalyptiques, est aussi une véritable expérience sociale. Ruby va croiser plein de personnages différents. Des dangereux, mais aussi des personnages avec qui elle va faire un bout de chemin. Dans tous les cas, ce sont tous des moments puissants et importants pour l'évolution du personnage. J'ai particulièrement été touchée par la partie avec son beau-père et les changements que va apporter la catastrophe dans leur relation. Ce n'est que dans les pires moments que l'on s'aperçoit de certaines choses et que l'on regrette de ne pas avoir fait ce petit effort, ce petit pas qui aurait pu tout changer.

La forme du livre aide aussi à l'immersion : écrit à la première personne, c'est Ruby elle même qui nous raconte son histoire sous forme de journal, de guide. Le récit s'entre coupe de temps en temps de conseils, de pensées ou de traits humoristiques concernant la future adaptation de son histoire en film et les passages qu'elle aimerait changer. Et Ruby ne s'est autorisé aucun gros mot car sa mère n'aurait pas apprécié. Elle a donc remplacé les gros mots par des papillons. Si j'ai trouvé ce principe un peu niais au début, au final je me suis beaucoup plu à imaginer quel gros mot allait à tel endroit.

J'ai donc vraiment adoré l'aventure de Ruby. J'ai pleuré, souffert et lutté avec elle. J'ai chéri tous les petits moments de bonheur dont elle se souvenait au fur et à mesure de l'avancée de son périple, et j'ai surtout aimé la voir grandir et se battre. Cela faisait longtemps que je n'avais plus apprécié un livre jeunesse comme celui-ci et j'ai vraiment hâte de lire la suite !

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samedi 7 octobre 2017

Alice au pays des morts-vivants, tome 1 - Mainak Dhar


Alice au pays des morts-vivants, tome 1 - Mainak Dhar

Deadland, Inde. Un virus a réduit la quasi-totalité de l'humanité à l'état de zombies. Du monde d'hier, il ne reste rien, sinon les armes. Le Comité central règne d'une main de fer sur cette partie de la planète, assurant sa puissance grâce à sa milice, appelée Zeus. 
Alice, 15 ans, n'a pas connu d'autre école que celle de la survie. Mais elle y excelle. Lors d'une patrouille, elle surprend un zombie sortant subitement de terre, pourtant des oreilles roses de lapin. Sans l'ombre d'une hésitation, elle s'engouffre à sa suite. 
Et chute...

Note : 2 / 5


Alice au pays des merveilles et du post-apocalyptique (plus précisément du zombie), deux sujets qui m'intéressent beaucoup et qui, mis ensemble, ne pouvaient que donner quelque chose de surprenant et de génial ! Et pourtant, quelle déception ! Ce livre ne m'a pas du tout emporté.

Tout d'abord, j'ai trouvé la réécriture légère. Le conte de Lewis Carroll est plus un prétexte qu'autre chose, un nom qui fait vendre mais qui ne sert pas vraiment le récit. Au début on y croit pourtant : Alice flâne avec sa soeur le fusil à la main, attendant une cible, lorsqu'un Mordeur (le nom choisi par l'auteur pour ne pas dire zombie) fait son apparition. Ce Mordeur arborant des oreilles de lapin va réussir à se faufiler dans un trou avant qu'Alice ne réagisse et ne l'abatte, et forcément attirer l'attention de la jeune fille qui pense trouver le repaire des Mordeurs en le suivant. Ce début est un peu facile et pourtant le récit m'aurait beaucoup plus contenté si l'auteur avait continué de jouer sur le côté réécriture. Au lieu de cela, il s'enlise dans un côté mauvais film d'action qui ne marche pas du tout dans ce livre.

Plus j'avançais dans le récit, plus j'avais l'impression d'être devant un Stallone bien nul, le fun en moins. Car je n'ai absolument pas su dire si Alice au pays des morts-vivants jouait ou non la carte du mauvais genre, du nanard assumé ou non. Le livre est très cliché, certaines explications sont complètement évasives, les scènes s'enchainent de façon entendue, mécanique... mais tout cela n'allait pas assez loin pour rendre le livre vraiment nul et donc marrant. Au lieu de cela, je me suis plutôt sentie complètement gênée tout au long de ma lecture.

Et le style de l'auteur n'a pas du tout aidé non plus. J'ai trouvé le récit vraiment froid et trop rapide. Et pourtant un tas de choses sont complètement inutiles ! On arrive absolument pas à s'attacher aux personnages ni à se plonger dans l'histoire.

Je n'avais pas beaucoup d'attentes concernant ce livre, et j'ai pourtant quand même réussi à être déçue. C'est un livre sans saveur qui ne m'aura pas donné envie de lire la suite.

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samedi 30 septembre 2017

Le livre, le film : A la croisée des mondes, tome 1 : Les royaumes du nord - Philip Pullman


A la croisée des mondes, tome 1 : Les royaumes du nord - Philip Pullman

Ce n'était pas une vie ordinaire pour une jeune fille de onze ans : Lyra vivait, en compagnie de son daemon Pantalaimon, parmi les Érudits de Jordan Collège, passant ses journées à courir dans les rues d'Oxford à la recherche éperdue d'aventures. 
Mais sa vie bascule le jour où elle entend parler d'une extraordinaire particule. D'une taille microscopique, la Poussière que l'on trouve uniquement dans les vastes étendues glacées des Royaumes du Nord - est censée posséder le pouvoir de briser les frontières entre les mondes, un pouvoir qui suscite effroi et convoitises... 
Jetée au coeur d'un terrible conflit, Lyra sera forcée d'accorder sa confiance aux gitans et à de terribles ours en armure. Et, lors de son périlleux voyage vers le Nord, elle devra découvrir pourquoi son propre destin semble étroitement lié à cette bataille sans merci où s'opposent des forces que nul ne l'avait préparée à affronter.

Note : 3,5 / 5


La série A la croisée des mondes fait indéniablement partie des classiques de la littérature jeunesse qu'il faut avoir lu, au même titre que les Chroniques de Narnia ou encore les Harry Potter. Si les deux dernières séries ont déjà leur place dans mon cœur, je n'avais encore jamais eu l'occasion de lire l'ambitieuse trilogie de Philip Pullman. Maintenant le premier tome dévoré, je peux vous dire que je regrette vraiment de ne pas avoir lu cette série plus tôt !

Ce premier tome va nous plonger dans le quotidien de la petite Lyra, une orpheline élevée par les érudits de Jordan Collège, et de son daemon Pan qui ne la quitte jamais. Ce lieu privilégié et intellectuel ne l'a cependant pas empêché de faire les quatre cent coups et de mener la vie dure à ses protecteurs. Mais cette vie tranquille à Oxford ne va pas durer : le destin de Lyra va la rattraper. La jeune fille ne le sait pas, mais elle est destinée à de grandes choses. Des enfants disparaissent. Il est question de poussière et d'intercision. Mais que font-ils réellement aux enfants, et pourquoi ? Lyra va malgré elle tenter de découvrir la vérité et de sauver les enfants emprisonnés et testés dans un centre perdu dans le grand nord. Elle va faire des rencontres incroyables : des ours en armure, des sorcières, un aéronaute et, surtout, découvrir beaucoup de choses sur elle même.

Vous l'aurez compris, l'histoire est très riche et complexe. C'est au lecteur, en même temps que Lyra, de découvrir les réponses aux différents mystères qui entour l'étrange monde parallèle de notre héroïne. Un monde où l'âme de chaque humain est partagée avec un daemon, sorte d'animal familier qui ne peut quitter son humain et reflète sa personnalité, son subconscient. J'ai trouvé cet aspect extrêmement intéressant, car il permet un niveau de lecture très adulte, psychologique. Le daemon n'est pas toujours contrôlable, et montre très souvent la vérité sur une personne... Et ce qui rend un livre jeunesse marquant est justement cette capacité à pouvoir le relire étant adulte et découvrir des choses auxquelles on aurait pas pensé étant enfant !

L'aventure de Lyra est aussi un enjeu politique et religieux. Cette étrange poussière est connue et étudiée depuis longtemps. Cependant, le Magisterium ne voit pas ces particules d'un bon œil et les conceptions qu'elles soulèvent ne sont qu'hérésie pour eux. La façon dont est régi le monde de Lyra est un aspect que j'ai encore une fois trouvé très intéressant.

Mais ce qui est vraiment prenant, mis à part les différents niveaux de lectures qui sauront particulièrement passionner les adultes, c'est l'aventure que va vivre Lyra. Le rythme du récit est un peu inégal, mais l'immersion est totale. On est projeté dans le grand nord avec un tel réalisme ! On ressent le froid, on découvre l'immensité des paysages enneigés, on voit les aurores boréales à travers les yeux de notre héroïne, et c'est tout simplement merveilleux ! Mais cette aventure n'est pas pour autant une partie de plaisir : je me souviendrai longtemps de la violence du combat de Iorek l'ours en armure, de la tension à Bolvangar, du lien qui unit le daemon à son humain et ce qui se passe lorsqu'on les sépare...

Et tout cela nous est conté par un narrateur comme je les aime : très présent, omniscient et un petit peu devin aussi. Il n'hésite pas à glisser des petits commentaires qui prennent tout leur sens plus tard. Ses phrases sont parfois un peu longues mais toujours compréhensibles.

Enfin, Lyra a beau être un personnage parfois agaçant, c'est une petite fille forte, qui au final sait ce qui est juste. Et ce sont tous les personnages qui ont une facette cachée, donnant une profondeur étonnante au récit. J'ai particulièrement été touchée par l'histoire de Iorek, le prince ours qui va tisser un lien très fort avec Lyra ; et aussi par Farder Coram et son destin si triste.

Vous l'aurez compris, on pourrait écrire toute une thèse sur cette série (et je crois que ça a été fait) tant son récit est riche et son histoire profonde. A la fin de ce premier tome, de nombreuses questions demeurent, et j'ai très hâte de me plonger dans le deuxième tome pour découvrir où va nous emmener l'auteur et d'approfondir mon analyse de cette oeuvre qui mérite vraiment son statut de classique.

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Le film par Chris Weitz :
Le film est vraiment très proche du livre si l'on omet un choix chronologique un peu différent vers la fin. La psychologie des personnages et leur dualité avec leur daemon est extrêmement bien représentée (c'est un aspect très important dans le livre, il était donc vraiment essentiel que ce soit parfait !)

J'ai adoré le rendu esthétique : le côté Jules Verne dans l'architecture et les différentes machines que l'on voit à l'oeuvre (bien que rien ne soit vraiment décrit dans ce sens dans le livre je trouve) et la lueur dans les poils des daemons, ils semblent constamment refléter la lueur des aurores boréales !

Bien entendu tout est très simplifié et édulcoré. J'ai d'ailleurs été un peu déçue par l'introduction qui décrit beaucoup trop le monde de Lyra et empêche le spectateur de découvrir l'univers et ses particularités par lui même. L'issu du combat de Iorek est beaucoup moins sanglant, la révélation sur les expériences qu'ils font sur les enfants beaucoup moins choquante et forte que dans le livre (mais je m'y attendais) Où est le daemon de Serafina ? De manière générale, on ressent beaucoup moins le froid, la peur, la tension que dans le livre.

Mais la plus grande déception réside dans le fait que... il n'y a pas de suite ! Le film n'a pas très bien marché et les suites ont été abandonnées. C'est vraiment dommage car les bonnes adaptations de livres en films ne courent pas les rues, et celle ci avait bien commencé !