vendredi 21 juillet 2017

L'appel du dragon - Jean-Luc Bizien


L'appel du dragon - Jean-Luc Bizien

L’Empereur-Mage se fait vieux. Il faut sans tarder préparer la relève et trouver les héros capables de repousser les forces des Ténèbres qui menacent la cité de Selenae. Kaylan, le jeune paysan, Sheelba la belle magicienne et Shaar-Lun, l’intrigant voleur ont décidé de tenter leur chance.
Hélas pour eux, les épreuves sont effroyables. On raconte qu’aucun des derniers candidats n’est ressorti des souterrains de la ville. Pour devenir l’Élu, il faut triompher de redoutables épreuves et affronter ses peurs les plus secrètes.
L’un d’eux parviendra-t-il à se hisser sur le trône et à empêcher le réveil du monstre qui sommeille dans les profondeurs de la terre ?

Note : 3 / 5


L'appel du dragon contient les deux premiers livres de la trilogie Les empereurs mages de Jean-Luc Bizien, auteur que j'avais découvert avec Katana que j'avais beaucoup aimé. C'est grâce au label Naos des Indés de l'imaginaire que l'on peut redécouvrir cette série de fantasy jeunesse qui va vous faire traverser de nombreuses épreuves et rebondissements.

L'histoire est somme toute assez classique : l'empereur mage qui protège le royaume de Selenae est à la recherche de son successeur. Pour cela, il a rassemblé des volontaires qui vont devoir ressortir indemnes des souterrains de la ville où de nombreuses épreuves les attendent. L'originalité tient dans ces souterrains qui sont un personnage à part entière. Une légende dit en effet que la ville a été construite sur un dragon endormi. Et il faut bien avouer que les passages que vont emprunter nos héros ont vraiment l'air d'être l'intérieur d'un être vivant !

La première partie nous permet ainsi de suivre les concurrents. Les personnages sont encore très jeunes et, malheureusement, un peu clichés. Ils ont des réactions vraiment étranges, ils sont beaucoup trop lunatiques et m'ont plus d'une fois fait lever les yeux au ciel. Le triangle amoureux est franchement pathétique aussi. Les créatures que vont croiser les personnages m'ont également déçues : elles ne sont vraiment pas assez décrites ! En général, ce livre manque de profondeur et c'est bien dommage car il y a de vraies bonnes idées comme Lucius, un personnage torturé qui va vous réserver de bonnes surprises. Le côté huit clos dans ce donjon organique est génial aussi, et l'univers, même si assez classique, est intéressant.

La deuxième partie m'a beaucoup plus plu. Les remplaçants de l'empereur mage ont été trouvés parmi les concurrents de la première partie du livre. Face à de nouvelles responsabilités, les personnages ont vraiment muris et sont plus agréable à suivre. On en apprend aussi beaucoup plus sur l'univers et ce fameux dragon car nos héros vont à nouveau devoir plonger dans les souterrains pour éviter son éveil ! Cette deuxième partie est aussi beaucoup plus graphique et gore et le récit beaucoup plus complexe.

L'appel du dragon fut donc une lecture en demi teinte. La première partie n'a pas vraiment su me convaincre alors que la deuxième m'a semblé vraiment meilleure. J'aurais cependant aimé que le récit soit plus étoffé et les descriptions plus riches pour vraiment m'immerger. Merci aux Indés de l'imaginaire de m'avoir permis de continuer à découvrir la plume de Jean-Luc Bizien !

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Fantasy jeunes adultes :
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vendredi 14 juillet 2017

Aussi libres qu'un rêve - Manon Fargetton

Aussi libres qu'un rêve - Manon Fargetton

En cette fin du XXIe siècle, l'accès à un métier est régi par la loi des Dates de naissance. Ainsi, si vous êtes né en janvier, les métiers les plus cotés vous seront proposés ; par contre, si vous êtes né en décembre, il ne vous restera que les métiers dont personne n'aura voulu. Minöa et Silnëi sont soeurs jumelles, mais l'une est née le 31 décembre à 23h58, et l'autre dans les premières minutes de janvier ! Cela ne les empêchera pas d'unir leurs forces pour combattre la tyrannie des Dates de naissance, en compagnie de Kléano, jeune chanteur d'un groupe de rock rebelle.

Note : 3 / 5


J'ai beaucoup entendu parler de L'héritage des rois-passeurs, mais c'est finalement avec son tout premier roman, Aussi libres qu'un rêve, que j'ai eu envie de découvrir cette auteure. Un petit roman encore maladroit qui ne m'aura pas marqué, mais qui saura satisfaire les lecteurs de dystopie.

La société que nous dépeint l'auteure dans ce futur proche est très restrictive, ne laissant guère la place à l'ambition. En effet, votre métier est choisi dès la naissance suivant... le mois où vous êtes né ! Gare à vous si vous naissez en décembre, vous finirez sur un bateau-filtreur à trier des algues toute votre vie. Les janviers, en revanche, ont accès aux métiers les plus prisés, comme acteur ou chanteur. Mais dans cette société sans liberté de choix, même certains privilégiés de janvier ne trouvent pas leur place.

Le livre va nous permettre de suivre deux jumelles, Minöa et Silneï. Elles sont nées à quelques minutes d'intervalle, mais vont évoluer dans deux mondes opposés. Car si Silnëi est née en janvier, Minöa est quand à elle née en décembre. L'injustice de leur situation nous permet de mettre en évidence tous les problèmes de leur société. Et certaines rencontres ainsi que la découverte de secrets révoltants vont les pousser à vouloir changer les choses.

Les deux jumelles vont cependant complètement être remplacées par deux autres personnages (dont je ne peux pas vraiment vous parler sans vous gâcher quelques surprises), elles ne sont pas vraiment les personnages principaux et je me suis un peu sentie trompée... D'autant plus que l'auteure ne va pas au bout de ses deux personnages et ça m'a beaucoup frustré, j'attendais vraiment qu'elle aille plus loin.

Et cette frustration a été générale car c'est tout le livre qui m'a semblé un peu facile et survolé. Le rythme du récit est étrange, les ellipses sont beaucoup trop nombreuses et cela ne permet pas au lecteur de s'intéresser à l'histoire. Le livre semble être une liste d'événements importants, il manque des choses entre, de quoi rendre le tout réel et prenant. En conséquence, tout manque de profondeur : les relations sont fades car expédiées en un chapitre, les personnages caricaturaux, les rebondissements simples et attendus... L'aspect jeunesse et naïf est aussi un peu trop présent, notamment avec les poèmes et les paroles de chansons qui m'ont fait sourire et repenser aux vieux blogs skyrock que l'on considère maintenant avec gêne...

Pour autant, l'idée de base est vraiment chouette et j'ai aimé découvrir le quotidien de nos deux jumelles. C'est une vraie bonne idée de dystopie, malheureusement maladroitement exécutée. Une lecture divertissante mais pas vraiment marquante.

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Des frères et soeurs que tout oppose, mais dont l'amour est plus fort encore :
  

jeudi 6 juillet 2017

La mort du temps - Aurélie Wellenstein

La mort du temps - Aurélie Wellenstein

Un séisme temporel a dévasté la Terre, massacrant une large partie de la population et mélangeant les époques entre elles. Callista se retrouve seule survivante dans un Paris ravagé où s'amalgament deux-mille ans d'architecture. Tous ses repères chamboulés, la jeune fille n'a plus qu'un espoir : retrouver en vie sa meilleure amie, restée dans l'Est de la France. Callista part à pied pour un long périple, talonnée par la monstrueuse réplique du séisme qui semble la suivre pour l'anéantir. Si elle s'arrête, si elle ralentit, le cataclysme la dévorera. Au côté d'étranges compagnons, issus de siècles différents, elle va tout faire pour échapper au chaos.

Note : 3 / 5


Cela fait 3 ans que je me rends chaque année aux Imaginales à Epinal, et chaque fois je suis très heureuse de pouvoir découvrir un nouveau livre d'Aurélie Wellenstein, dont j'avais eu un énorme coup de coeur pour son Roi des Fauves. Avec La mort du temps, l'auteure s'ancre un peu plus dans la réalité, mais renoue aussi avec l'horreur que j'avais adoré dans Le Roi des Fauves. Ce nouveau livre n'est cependant pas un coup de coeur, principalement à cause du personnage principal avec lequel j'ai eu du mal.

Callista, en fuguant avec sa meilleure amie, a eu un accident de voiture. Lorsqu'elle se réveille de son coma, elle se trouve dans un couloir avec son père alors qu'un séisme d'un nouveau genre ravage Paris : un séisme temporel. Ce cataclysme d'une violence inouïe, mélangeant les époques et les gens entre eux, Callista va en ressortir miraculeusement indemne. Ebranlée et perdue, elle n'a cependant pas de temps à perdre : un flash lumineux détruisant tout sur son passage semble vouloir tout remettre à zéro, et suivre la jeune fille...

Dès les premiers chapitres, j'ai été secouée par les descriptions du cataclysme, l'urgence et l'horreur de la situation. Ces gens déchirés, remodelés ou baladés dans le temps pour finalement devenir poussière. On ressent de la peur, de la répugnance et on arrête de respirer. Puis vient le silence, le retour brutal à la survie. On suit Callista et sa détresse, avec pourtant un espoir : celui de rejoindre sa meilleure amie partie dans les vosges après leur accident de voiture. J'ai retrouvé l'auteure que j'avais adoré dans Le Roi des Fauves, celle qui ne prend pas de pincettes.

Et ce cataclysme va petit à petit faire sens, les dernières paroles du père de Callista, son étrange coma, toutes les pièces du puzzle vont finir par s'assembler pour un final étonnant et fort.

Mais Callista ne va heureusement pas passer toutes ces épreuves seule. La jeune fille n'est en effet pas la seule survivante, mais tous n'ont pas eu sa chance d'en sortir indemne. Elle va ainsi être rejointe par Roland, un croisé venu donc d'un autre temps et qui a fusionné avec son cheval. Elle va aussi recueillir une petite fille qui n'a décidément pas sa langue dans sa poche et faire le choix de délivrer un homme-loup, Gascogne. Ils vont l'accompagner et permettre à l'auteure d'aborder, entre autre, le thème de la métamorphose qui lui est très chère. Mais surtout, ils font toute la force de ce livre, une vraie raison de vivre pour Callista, et la raison de ses choix.

Malgré tout ça, ce livre m'a quand même déçue. La faute au personnage principal et son histoire qui m'ont franchement ennuyée ! Callista est une jeune fille mal dans sa peau, perdue face à ses sentiments qu'elle cache derrière une carapace de fille superficielle et insupportable comme sont les jeunes filles actuellement... Elle finit heureusement par changer un peu, mais son histoire avec son amie, Emma, ses regrets et remords qui reviennent sans cesse casser le récit, qu'est-ce que ça m'a fait souffler !

Je n'ai pas non plus aimé le côté très jeunesse des dialogues, les blagues et références à la pop culture qui m'ont un peu embêtés. Comme dans Le Roi des Fauves j'ai trouvé certaines scènes et réactions des personnages étranges et surtout très en décalage par rapport à la situation dans laquelle ils sont.

Ces petits défauts m'ont d'autant plus embêtés que j'ai trouvé qu'ils n'étaient là que pour meubler, rajouter quelques lignes au récit pour au final le rendre long et franchement inintéressant par moment. Je ne pense pas que ce sont des choses intéressantes et pertinentes lorsqu'on lit du post-apo.

Ainsi, j'ai vraiment adoré l'idée de base qui ne peut laisser indifférent, les descriptions achevant de nous plonger dans l'horreur. Le thème du temps a vraiment été très bien exploité, le récit est vraiment cohérent et la fin très surprenante (ce qui est parfois vraiment difficile à atteindre quand on se lance dans les paradoxes temporels) Mais je n'ai pas du tout su m'attacher au personnage et aurait vraiment préféré que l'auteure reste en retrait, et surtout dans le présent, la survie, au lieu de sans cesse revenir sur les souvenirs et les problèmes de l'adolescente.

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Post-apocalyptique :
  

mercredi 28 juin 2017

Le Bâtard de Kosigan, tome 1 : L'ombre du pouvoir - Fabien Cerutti

Le Bâtard de Kosigan, tome 1 : L'ombre du pouvoir - Fabien Cerutti

Le chevalier assassin, Pierre Cordwain de Kosigan, dirige une compagnie de mercenaires d’élite triés sur le volet. Surnommé le « Bâtard », exilé d’une puissante lignée bourguignonne et pourchassé par les siens, il met ses hommes, ses pouvoirs et son art de la manipulation au service des plus grandes maisons d’Europe. 
En ce mois de novembre 1339, sa présence en Champagne, dernier fief des princesses elfiques d’Aëlenwil, en inquiète plus d’un. De tournois officiels en actions diplomatiques, de la boue des bas fonds jusqu’au lit des princesses, chacun de ses actes semble servir un but précis. 
À l’évidence, un plan de grande envergure se dissimule derrière ces manigances. Mais bien malin qui pourra déterminer lequel…

Note : 3,5 / 5


J'ai découvert ce livre lors des Imaginales de 2015 où il a gagné le Prix Imaginales des lycéens. Son côté fantasy historique m'a tout de suite intéressé, mais ce n'est que récemment que j'ai pu le lire grâce à Livraddict et à Folio SF que je remercie. Même si ce premier tome n'est pas un coup de cœur dû au personnage principal et à l'histoire parallèle qui peine à décoller, ce livre m'a tout de même intrigué et je lirai la suite avec plaisir !

Le livre nous plonge dans deux époques différentes. Le récit se concentre avant tout au Moyen-Âge, avec Pierre Cordwain de Kosigan et son quotidien de mercenaire, un Moyen-Âge cependant loin de celui que l'on connaît car peuplé d'elfes, de trolls ou encore de nains. Souvent impliqué dans des complots, redouté pour son côté séducteur et manipulateur, ce premier tome va nous permettre de le suivre lors du tournoi organisé par la comtesse Catherine en l'honneur du futur mariage de sa fille. En parallèle, c'est l'histoire d'un de ses descendants, Kergaël de Kosigan, qui nous est petit à petit dévoilé à travers sa correspondance. Ce deuxième personnage va hériter d'une étrange boite datant du Moyen-Âge, et qui va le pousser à faire des recherches sur son ancêtre qui n'est autre que Pierre Cordwain de Kosigan.

Dès le premier chapitre, j'ai tout de suite su que j'allais adorer cette première époque, l'univers et la façon dont l'histoire allait nous être conter. Le récit est à la première personne, mais pour une fois j'ai vraiment accroché : le personnage principal réussit à complètement nous plonger dans le moment et décrit les actions, les combats avec précision (peut-être même un peu trop). Il n'hésite pas à glisser (souvent en début de chapitre) des petites anecdotes sur l'époque, ou sur un autre personnage, et ce pour notre plus grand plaisir (mais, surtout, pour bien nous faire comprendre le contexte)

Car ce premier tome est en effet plutôt exigeant. Le récit est vraiment très riche, les complots s'enchaînent et le lecteur doit vraiment toujours être attentif. Surtout que ce sont deux récits que nous devons suivre !

Mais ce n'est pas ce qui m'a le plus gêné dans ce livre, au contraire (j'ai trouvé le récit vraiment intéressant, et je me plaisais à essayer de savoir ce que Pierre de Kosigan pouvait bien avoir derrière la tête !) Malheureusement, c'est le personnage principal en lui même qui m'a le plus gêné. C'est tout à fait personnel, mais je ne le supportais tout simplement pas ! Ce genre d'homme séducteur, orgueilleux et insolant m'agace, et n'est pas très crédible (la manière dont les femmes lui tombent dans les bras franchement...) Aussi, je n'ai pas du tout réussi à m'attacher au personnage et je m'inquiétais beaucoup plus pour ses acolytes que pour lui.

J'ai aussi trouvé que le récit parallèle avec Kergaël cassait le rythme du récit, en plus d'être très long à décoller. Le début n'est vraiment pas très intéressant et c'est bien dommage car les dernières correspondances sont vraiment passionnantes et haletantes.

Mon ressenti général reste cependant vraiment positif. Le livre est extrêmement bien écrit et l'intrigue franchement prenante. Ce premier tome n'est qu'introductif mais annonce des choses très intéressantes. Je pense continuer mon voyage au Moyen-Âge, en espérant petit à petit me faire au personnage !

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A la recherche de ses origines :
  

mercredi 21 juin 2017

Mad Max : l'apocalypse sera motorisée - Antonio Dominguez Leiva

Mad Max : l'apocalypse sera motorisée - Antonio Dominguez Leiva

Élevant l’accident routier au rang de fétiche civilisationnel et de signe apocalyptique, la saga Mad-Max en fait la matrice de tout un univers de fiction. 
Magistrale synthèse de plusieurs genres et courants de la culture pop, cette dystopie routière de l’âge de l’accélération s’érige en précis de décomposition de la société de l’opulence. Déclinée sur le mode épique, elle nous confronte à la psychopathologie de notre espèce sur fond d’épuisement énergétique. 
Frappée d’une injustifiable occultation critique, cette œuvre est enfin ici analysée dans ses différentes dimensions. Son infl uence est décisive sur notre imaginaire culturel.

Note : 3,5 / 5


Merci à Babelio et aux éditions Le Murmure d'avoir fait découvrir cet ouvrage à mon chéri, car c'est sa critique que vous pouvez lire ci-dessous :

Cela faisait un moment que la collection le murmure m'attirait pour ses sujets de "pop-philosophie" toujours cools (du snuff aux Schtroumpfs) et y a-t-il sujet plus cool que Mad Max ? Dans ce volume c'est Antonio Dominguez Leiva qui nous guidera dans les méandres de l'enfer motorisé qu'est Mad Max, mais pas seulement. Plutôt que de s'arrêter à cette série, il dresse un portrait du genre post-apocalyptique dans son ensemble et de la façon dont Mad Max y participe et l'influence.

Dominguez Leiva, inscrit immédiatement Mad Max comme une œuvre avant tout sociologique. Puisque les films prennent les particularités de la société australienne comme symptôme de toute cette violence mécanique. Tout ce déchaînement de tôles froissées ne serait donc pas seulement le fait de George Miller mais plutôt de l'attirance qu'a l'Australie pour les grosses cylindrées poussées à fond dans l'outback désertique. Ainsi, Miller revisite les codes du film d'action américain à la sauce australienne comme les italiens l'avaient fait avec le western spaghetti. Et Max renouvelle la figure propre au western du vigilante. Mad Max est une série qui s'inscrit dans l'histoire du cinéma de par ses nombreuses références directes à d'autres films cultes mais, plus important encore, qui marquera cette histoire du cinéma. 

La Maxploitation, tous les descendants de Mad Max, est décortiquée pour former un axe intarrissable du cinéma : celui de l'apocalypse sans cataclysmes ou zombies mais avec du cuir et des V8. C'est cette étude de toute la Maxploitation qui constitue la majeure partie de l'essai. Ce qui peut lui porter préjudice car il prend un aspect très "catalogue". De ce fait, l'essai est assez ambigu à appréhender parce que la surabondance de références se fait toujours au détriment du contenu réflexif et peut, à force, perdre le lecteur. Cependant, l'ouvrage est tellement exhaustif (du Western à Turbo kid en passant par Les Nouveaux barbares) que Dominguez Leiva parvient sans peine à partager sa passion pour le post-apo

Mais au-delà de la simple passion, l'aspect grisant du livre vient qu'avec une vue aussi globale du genre, nous avons réellement l'impression de le comprendre entièrement. Chaque aspect du genre est exploité avec même quelques excursions dans le domaine littéraire qui sont autant de preuves de l'immense impact qu'a eu Mad Max sur la culture en son ensemble. Finalement, on sent que l'aspect catalogue vient surtout d'un manque de place, la collection se veut accessible et efficace mais il y a assez de documentation pour faire trois livres comme celui-ci. C'est donc quelque chose qui n'a pas été très bien prévu mais qui n'est finalement pas si dérangeant. D'autant plus que le tout s'achève sur une excellent étude de Fury road, qui est donc cette fois-ci plus approfondie que pour les autres Mad Max. 

En quelques mots, Mad Max : l'apocalypse sera motorisée ne traite pas tant que ça de Mad Max mais est une étude vraiment exhaustive de toute la Maxploitation dans son ensemble pour qui veut découvrir ou approfondir sa culture post-apo.

mercredi 14 juin 2017

L'auberge entre les mondes, tome 1 : Péril en cuisine ! - Jean-Luc Marcastel

L'auberge entre les mondes, tome 1 : Péril en cuisine ! - Jean-Luc Marcastel

Nathan est apprenti cuisinier dans une auberge réputée pour ses bonnes recettes. Avec son ami Félix, il sent très vite que cet endroit regorge de mystères. Les murs bougent ; des créatures inquiétantes semblent vivre tapies dans les ombres ; et il y a cette force qu'il ressent au plus profond de lui... 
Alors que les mondes s'affrontent, Nathan est le seul à pouvoir réconcilier les hommes et apaiser les conflits.

Note : 3,5 / 5


Si vous avez déjà eu la chance de croiser Jean-Luc Marcastel en dédicace, vous savez comme moi que c'est quelqu'un d'absolument adorable, un surprenant alchimiste (dû à tout l'attirail nécessaire à ses uniques dédicaces) et surtout un bon vivant qui parle peut-être un peu trop de nourriture (et vous donne très faim !). L'auberge entre les mondes, c'est un petit peu de tout ceci, tout ce qui fait cet auteur que j'affectionne décidément beaucoup, avec de l'action en prime et un imaginaire qui m'a très souvent fait sourire avec toutes ces références.


Les bases de l'intrigue se posent très vite. On fait la connaissance de Nathan et de son ami Felix, en route pour un stage dans la célèbre Auberge de la Montagne. Sauf que cette auberge n'est pas exactement comme Nathan l'attendait. Il n'accueille pas de vieux montagnards ni de familles venues se ressourcer, non : c'est le lieu de rencontre de tous les extra-terrestres, un espace neutre qui donne sur tous les mondes. Et Nathan, ce jeune garçon sans parents, baladé de famille d'accueil en famille d'accueil, n'en est pas moins que l'héritier.

C'est un livre qui se lit très facilement, les révélations s'enchaînent et l'action ne tarde pas non plus. Le rythme est vraiment parfait pour les enfants, et saura captiver même les plus réticents à la lecture tant le récit est efficace. De nombreuses fois durant ma lecture, je me suis dit : tout cela serait parfait en dessin animé ! C'est dynamique, l'aventure est au rendez-vous et l'imaginaire vraiment intéressant et prenant.

En parlant de l'imaginaire, s'il saura facilement parler aux enfants avec toutes ces créatures de science-fiction, le côté donjon lors de la recherche du champignon dans les gigantesques caves de l'auberge, il a rendu l'adulte que je suis vraiment nostalgique. J'ai aimé trouver toutes ces références à Lovecraft (de façon flagrante avec la mention de Cthulhu, l'apparition de nombreux tentacules et l'homme-poisson, que plus subtilement avec les différents noms liés à l'auberge) et à divers autres figures ou concepts de science-fiction. Et tout cela est très bien amené et sert l'intrigue à la perfection.

Alors oui c'est un peu naïf, le style d'écriture est très familier et simple, mais qu'est-ce que ça se lit bien ! Encore une fois, les enfants adoreront, et s'il ne marquera pas forcément les adultes, ce livre vous fera tout de même passer un très bon moment de lecture.

Pour finir, j'aimerais tout simplement parler de ces recettes déguisées en dialogue entre nos deux chefs cuistots préférés que l'on peut retrouver à la fin du livre : quelle bonne idée ! J'ai vraiment hâte de les tester, d'autant plus que Jean-Luc Marcastel a l'habitude de poster des photos de ses préparations sur Facebook, et que j'avais déjà repéré ces fameux cromesquis de cantal !

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La science-fiction jeunesse :
  

samedi 10 juin 2017

❤ La Passe-miroir, tome 3 : La mémoire de Babel - Christelle Dabos

La Passe-miroir, tome 3 : La mémoire de Babel - Christelle Dabos

Deux ans et sept mois qu'Ophélie se morfond sur son arche d'Anima. Aujourd'hui, il lui faut agir, exploiter ce qu'elle a appris à la lecture du Livre de Farouk et les bribes d'information divulguées par Dieu. Sous une fausse identitié, Ophélie rejoint Babel, arche cosmopolite et joyau de modernité. Ses talents de liseuse suffiront-ils à déjouer les pièges d'adversaires toujours plus redoutables? A-t-elle la moindre chance de retrouver la trace de Thorn?

Note :  coup de coeur

Le premier tome fut une véritable découverte, ce monde si riche et l'imagination de l'auteure m'avaient complètement transporté. Le deuxième tome avait pris une tournure vraiment inattendue et m'avait semblé très différent du premier tome, mais tout aussi prenant. Avec La mémoire de Babel, Christelle Dabos poursuit ses révélations sur l'origine du monde fragmenté d'Ophélie et cette série n'en devient que plus passionnante !

A la fin des Disparus du Clairedelune, on avait laissé une Ophélie complètement démunie, seule et perdue. Et ce nouvel opus déstabilise dès les premières pages lorsqu'on découvre que deux ans se sont écoulés depuis les événements du deuxième tome. Ophélie est retournée sur Anima et s'est efforcée de reprendre une vie normale. Mais rien n'est plus comme avant et elle n'a fait que ressasser ce qui s'est passé au Pôle. Finalement, la venue d'Archibald va lui permettre de se décider à reprendre ses recherches. Elle va se rendre sur Babel dont la tour du Mémorial est plus ancienne que la déchirure et recèle des archives impressionnantes. En son centre se trouve aussi le Secretarium, qui n'est accessible qu'aux meilleurs apprentis-virtuoses, après des études éprouvantes. Persuadée que cet endroit est la clef, Ophélie va s'engager dans cette voie.

Dans ce troisième tome, Ophélie se retrouve une nouvelle fois seule face à la culture d'une arche qui lui est inconnue. Et Christelle Dabos nous montre une nouvelle fois l'étendue de son imagination avec cette arche aux inspirations orientales où les vêtements ont une grande importance culturelle, où les automates remplacent les humains et où les citoyens ont un sens du devoir très manichéen. J'ai adoré découvrir un nouveau bout de son univers et j'espère qu'elle nous fera découvrir les autres arches dans le prochain tome.

Comme dans le deuxième tome, Ophélie, en s'engageant au conservatoire pour espérer pouvoir pénétrer dans le Secretarium, va être l'objet de nombreuses injustices. Cette fois pourtant, notre petite animiste est déterminée. Elle n'est plus la jeune fille faible comme dans les autres tomes. Elle subit, mais trouve des solutions, et avance. Le personnage ne cesse d'évoluer. A chercher à tout prix la vérité sur l'origine de son monde, elle va en perdre sa propre identité.

La seule chose qui la déstabilise encore est sa relation avec Thorn. Les chemins qu'ils ont pris les mettent tous les deux en danger. Ils s'aiment mais ne peuvent le montrer, entraînant des situations de doute qui m'ont brisé le cœur. Thorn est vraiment maladroit, un véritable handicapé des sentiments. Les événements du deuxième tome ont vraiment laissé des séquelles sur lui, mais heureusement, Ophélie est là (attention à votre petit cœur à la fin du livre)

Les autres personnages comme Archibald, Berenilde ou encore la grande-tante Roseline ne sont présents qu'à travers les yeux de la petite Victoire, dont quelques chapitres se concentrent sur elle. Ces chapitres sont les plus forts selon moi. Cette petite possède un pouvoir troublant qui va malheureusement lui permettre d'apprendre des choses dont elle ne devrait pas avoir la connaissance. Ces passages sont vraiment perturbants car Victoire n'est qu'une petite fille, elle ne comprend pas tout ce qui se passe et doit subir la méfiance dont doit faire preuve sa mère après les événements du deuxième tome. Son enfance n'est pas normale, et c'est terriblement triste d'assister à cela à travers ses yeux.

Et même si j'ai clairement été déçue de voir si peu Archibald, ce troisième tome introduit de nouveaux personnages que j'ai adoré. Il y a Ambroise, ce jeune homme handicapé qui m'a beaucoup touché, l'un des seuls personnages à être bienveillant envers Ophélie. C'est au final ce personnage qui m'a le plus manqué lors du long apprentissage d'Ophélie. Il y a aussi Octavio, un autre apprenti-virtuose très mystérieux. Ophélie va finalement lui faire ouvrir les yeux, et ce que l'on apprend sur lui au fil du livre va donner une toute autre dimension au personnage. J'ai aussi particulièrement été troublée par les esprits de famille de Babel, Hélène et Pollux. Comme avec Farouk, Christelle Dabos sait comment les rendre impressionnants et inquiétants.

Ophélie touche au but, une partie de la vérité étant enfouie tout au fond d'elle. Une nouvelle fois, la fin de ce troisième tome va rendre l'attente du prochain extrêmement difficile ! Mais c'est une nouvelle fois un coup de cœur, un tome qui m'a pris par les tripes, m'a enchanté mais aussi chamboulé. Je n'ai qu'un regret, qu'une petite fausse note à souligner : tout se passe beaucoup trop vite !

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